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Le musée d’Orsay loin de la foule : les Nabis du niveau médian

Quatre salles, un niveau que la plupart des visiteurs traversent vite en sortant. Il appartient aux Nabis : un art de l’intérieur et du décor, aussi ambitieux que l’impressionnisme du dessus.

Salles et œuvres vérifiées le 3 septembre 2026

D’abord, une précision honnête

Aucune salle du musée d’Orsay n’est garantie tranquille : l’affluence dépend du jour, de l’heure et des groupes. Mais le niveau médian, entre les salles impressionnistes du dessus et la sculpture du rez-de-chaussée, reste nettement moins parcouru — beaucoup de visiteurs filent directement vers la sortie sans y passer.

« Nabi » signifie « prophète » en hébreu : un groupe de jeunes peintres, dont Bonnard, Vuillard et Maurice Denis, choisit ce nom vers 1888 pour affirmer sa volonté de renouveler la peinture. La légende fondatrice veut que Paul Sérusier ait peint un petit paysage à Pont-Aven, en octobre 1888, sous la direction de Gauguin — un panneau de 27 sur 21 centimètres que le groupe a surnommé son « Talisman » et traité presque comme une relique.

1. Salle 68 — Toulouse-Lautrec et le Moulin Rouge

Jane Avril dansant (vers 1892) est peint à l’essence — une huile diluée à la térébenthine qui laisse circuler la fluidité du trait. Toulouse-Lautrec y capte le mouvement d’une danseuse qui s’est produite au Moulin Rouge, puis aux Décadents, au Divan Japonais, avant de triompher aux Folies-Bergère.

Le tableau entre dans les collections en 1937, par le legs d’Antonin Personnaz, l’un des grands donateurs du musée.

2. Salle 70 — Vallotton, la couleur en aplat

Le Ballon de Félix Vallotton (1899) montre un jardin public vu à vol d’oiseau : un enfant qui court y forme une tache de lumière précédée de son ombre, sur un fond ocre et l’ombre profonde des arbres. Vallotton, peintre suisse, a rejoint le cercle des Nabis en 1891.

Le contraste avec Toulouse-Lautrec est net : la même génération, mais une couleur posée à plat, presque affichiste, plutôt qu’un trait qui capte le geste.

3. Salle 71 — Vuillard chez les Natanson

Misia assise dans une bergère dit « Nonchaloir » montre Misia Natanson, muse du groupe nabi et épouse de Thadée Natanson, rédacteur en chef de la Revue blanche, la revue d’avant-garde qui a soutenu ces peintres. À partir de 1893, Vuillard fréquente presque quotidiennement l’appartement du couple, rue Saint-Florentin.

La salle entière tient de ce même monde : des intérieurs bourgeois peints de l’intérieur, par quelqu’un qui y était invité plutôt que par un visiteur de passage.

4. Salle 72 — les quatre panneaux de Bonnard

Femmes au jardin forme un ensemble de quatre panneaux peints par Bonnard en 1891, conçus à l’origine comme un paravent. Montrés au Salon des indépendants puis à la galerie Le Barc de Boutteville dès 1891-1892, ils n’entrent dans les collections publiques qu’en 1984, remis à l’État en paiement de droits de succession.

Prenez le temps de les regarder comme une seule œuvre en quatre temps, plutôt que quatre tableaux séparés : c’est ainsi qu’ils ont été pensés.

Combien de temps

À titre indicatif, salle par salle :

  • Salle 68 — 15 minutes.
  • Salle 70 — 15 minutes.
  • Salle 71 — 20 minutes, la salle la plus dense.
  • Salle 72 — 15 minutes pour les quatre panneaux.
  • Circulation — 10 minutes.

Sources et vérification

Les salles, les dates et les provenances citées ont été vérifiées sur le site du musée d’Orsay.

Les accrochages et les ouvertures de salles peuvent changer. Vérifiez le jour même sur le site du musée d’Orsay avant de suivre un itinéraire.

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