Londres · National Portrait Gallery · Salle 9

Les visages du siècle des Lumières anglais

Une salle, une génération, et les visages de ceux qui ont redéfini ce que l'Angleterre pensait savoir sur l'univers, le pouvoir et elle-même — entre la fin du XVIIe siècle et le milieu du XVIIIe.

Salles et œuvres vérifiées sur la base de collections du musée

Le portrait comme registre d'une génération

Cette salle réunit des portraits peints entre la fin des années 1600 et le milieu du XVIIIe siècle : savants, écrivains, musiciens et artistes qui composent, ensemble, le portrait collectif d'une génération anglaise convaincue que la raison pouvait tout expliquer — de la gravitation universelle à la nature humaine.

1. Newton, la gravitation rendue visible

Le portrait de Sir Isaac Newton par Sir Godfrey Kneller, peint en 1702 dans un ovale feint, montre le savant peu après la publication de ses grandes découvertes sur la gravitation universelle et l'optique. Kneller, portraitiste officiel de plusieurs monarques successifs, peint Newton avec la même dignité posée que ses portraits royaux — un choix qui en dit long sur le prestige social déjà acquis par les savants de cette génération.

2. Hogarth se peint lui-même, entre son chien et ses livres

William Hogarth peint son propre autoportrait vers 1757-1758, en fin de carrière — l'année même où il est nommé peintre attitré du roi George II. Il s'y montre en train de peindre Thalie, muse de la comédie, entouré d'un chien et de volumes reliés, une manière de revendiquer une place dans la tradition savante plutôt que dans celle, moins prestigieuse à l'époque, du simple artisan peintre. Une analyse aux rayons X a révélé que la composition originale incluait un détail qu'Hogarth a finalement supprimé : son chien en train d'uriner sur une pile de tableaux de vieux maîtres — une plaisanterie privée sur son propre rapport, ambivalent, à la peinture académique.

3. Locke et Swift, la philosophie et la satire

Le portrait de John Locke par Michael Dahl, peint vers 1693, montre le philosophe dont les théories sur la connaissance et le gouvernement civil influenceront directement les révolutions américaine et française un siècle plus tard. À proximité, le portrait de Jonathan Swift, issu de l'atelier de Charles Jervas d'après un original de 1709-1710, montre l'auteur des Voyages de Gulliver dans le même format ovale que Newton — une convention de présentation qui uniformise visuellement des figures aux domaines pourtant très différents : science, philosophie, satire littéraire.

Pris ensemble, ces portraits dessinent une génération qui a cru, presque simultanément, à la puissance de la raison scientifique, de la raison politique et du rire comme arme critique.

Combien de temps

Une salle dense en noms célèbres, mais des tableaux de format souvent modeste — comptez une vingtaine de minutes pour l'ensemble.

  • Sir Isaac Newton (Kneller) — 5 minutes.
  • Autoportrait de Hogarth — 5 minutes.
  • John Locke et Jonathan Swift — 8 minutes.

Sources et vérification

Vérifié auprès des notices officielles de la National Portrait Gallery (npg.org.uk) et recoupé avec Wikipédia FR/EN.

Les accrochages et les ouvertures de salles peuvent changer. Vérifiez le jour même sur le site du National Portrait Gallery avant de suivre un itinéraire.

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