New York · MoMA · Salle 521

La maison qui a inspiré Psychose, et la femme qui refusait le fauteuil roulant

Trois tableaux, trois histoires américaines des années 1925-1935 : une maison de campagne qui a hanté Hitchcock, une femme qui refusait de se déplacer autrement qu'en rampant dans l'herbe, et un poète peint avec un squelette qui lui sort de la poitrine.

Salles et œuvres vérifiées sur la base de collections du musée

La toute première œuvre du MoMA

Le Museum of Modern Art ouvre ses portes en novembre 1929. En janvier 1930, à peine deux mois plus tard, il acquiert sa toute première œuvre pour sa collection permanente — un don du mécène Stephen C. Clark. Ce premier tableau se trouve aujourd'hui dans la salle 521, entouré d'autres scènes de la vie américaine peintes dans les deux décennies suivantes.

1. Maison près de la voie ferrée : le tableau qui a hanté Hitchcock

Peinte par Edward Hopper en 1925, Maison près de la voie ferrée montre une demeure victorienne isolée, coupée du reste du monde par une voie ferrée qui barre tout le bas du tableau. C'est cette toile, achetée par le MoMA en janvier 1930, qui devient sa toute première acquisition — un choix qui affirme d'emblée l'intérêt du jeune musée pour l'art américain contemporain plutôt que pour les seules avant-gardes européennes.

Le réalisateur Alfred Hitchcock a lui-même reconnu cette maison comme l'inspiration principale du manoir Bates dans Psychose (1960) — une filiation que le tableau garde depuis comme une partie de sa légende, entre solitude picturale et imaginaire d'horreur américain.

2. Le Monde de Christina : une femme qui refusait le fauteuil roulant

Andrew Wyeth peint Le Monde de Christina en 1948, après avoir observé depuis sa fenêtre sa voisine dans le Maine, Anna Christina Olson, ramper dans un champ vers sa maison. Christina Olson souffrait d'une maladie neuromusculaire dégénérescente, probablement une poliomyélite, qui l'empêchait de marcher — elle refusait cependant le fauteuil roulant et préférait se déplacer en s'aidant de ses seuls bras, exactement comme le tableau la montre, vue de dos dans sa robe rose au milieu de l'herbe.

Le tableau est d'abord montré à la galerie Macbeth de Manhattan en 1948. Alfred Barr, le premier directeur du MoMA, l'achète pour 1 800 dollars — une somme modeste même pour l'époque — et le fait connaître activement au sein du musée. Sa popularité grandit lentement dans les décennies suivantes jusqu'à devenir l'une des images les plus reproduites de l'art américain du XXe siècle ; le musée ne le prête aujourd'hui que rarement.

3. Kenneth Fearing : un poète au cœur qui saigne, littéralement

Alice Neel peint le poète Kenneth Fearing en 1935, quelques années après l'avoir rencontré à son arrivée à Greenwich Village en 1932. Fearing, figure de la poésie de la Grande Dépression, est assis à son bureau sous une ampoule nue — mais sa poitrine est ouverte, et un petit squelette y presse un cœur miniature. Neel expliquera plus tard que ce cœur qui saigne symbolisait la compassion du poète pour la misère qui l'entourait durant la Dépression.

Autour de lui, Neel entasse des détails qui renvoient directement à la vie de Fearing : le métro aérien de la Sixième Avenue, près duquel il vivait et qu'il citait comme une source d'inspiration pour ses poèmes, apparaît en modèle réduit dans la composition. C'est un portrait qui ne cherche pas la ressemblance physique seule, mais une forme de biographie condensée dans un seul cadre.

Combien de temps

Trois tableaux, trois histoires courtes à raconter — la salle se visite en une quinzaine de minutes si l'on s'arrête sur chacun.

  • Maison près de la voie ferrée (Hopper) — 5 minutes.
  • Le Monde de Christina (Wyeth) — 5 minutes.
  • Kenneth Fearing (Neel) — 5 minutes.

Sources et vérification

Vérifié auprès des pages de collection du MoMA (moma.org) et recoupé avec Wikipédia FR/EN.

Les accrochages et les ouvertures de salles peuvent changer. Vérifiez le jour même sur le site du MoMA avant de suivre un itinéraire.

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