Parcours thématique

L’impressionnisme au musée d’Orsay : cinq salles essentielles

Le musée d’Orsay a été une gare avant d’être un musée. Ce parcours reste sous son ancienne verrière, au niveau supérieur, là où l’impressionnisme est réuni.

Salles et œuvres vérifiées le 3 septembre 2026

Le principe : rester au niveau supérieur

La gare d’Orsay a été inaugurée le 14 juillet 1900, pour l’Exposition universelle, sur les plans de l’architecte Victor Laloux. Fermée au trafic ferroviaire en 1939, elle est devenue un musée inauguré par François Mitterrand le 1er décembre 1986. Le niveau supérieur, sous la verrière, occupe l’emplacement des anciens quais.

Ce parcours y reste du début à la fin : cinq salles qui se suivent, consacrées à la peinture. La sculpture du rez-de-chaussée et les Nabis du niveau médian appartiennent à d’autres itinéraires.

1. Salle 29 — Manet ouvre le musée

Le Déjeuner sur l’herbe (1863) a été refusé par le jury du Salon de 1863. Napoléon III autorise alors un Salon des Refusés : Manet y expose son tableau sous le titre Le Bain, où il devient la principale attraction, entre rires et scandale.

Ce qui choque : une femme nue assise près de deux hommes habillés, sans aucun prétexte mythologique ou allégorique pour la justifier — et des vêtements résolument contemporains. Le musée d’Orsay présente aujourd’hui ce tableau comme un point de départ possible de l’art moderne.

2. Salle 31 — Caillebotte et Degas, la ville et la danse

Raboteurs de parquet (1875) a lui aussi été refusé par le Salon — cette fois pour son sujet jugé trop cru : des ouvriers, torse nu, au travail dans un appartement parisien. Caillebotte rejoint alors les impressionnistes et expose le tableau à leur deuxième exposition, en 1876. Sa famille en fait don en 1894 au musée du Luxembourg, avant qu’il ne passe par le Louvre en 1929, puis le Jeu de Paume en 1947, et enfin le musée d’Orsay en 1986.

Dans la même salle, les Danseuses bleues de Degas (1884-1885), un pastel. Degas y travaille par couches, fixant chaque strate avant d’ajouter la suivante — une technique qui donne aux tutus leur matière à la fois dense et diaphane.

3. Salle 32 — trois femmes peintres, dans la même salle

Le Berceau de Berthe Morisot (1872) montre sa sœur Edma veillant sa fille Blanche endormie — la première scène de maternité dans l’œuvre de Morisot, un sujet qui deviendra l’un de ses préférés. Le tableau est montré à la toute première exposition impressionniste, en avril 1874, à l’atelier du photographe Nadar : Morisot est alors la seule femme du groupe.

La salle 32 réunit aussi Jeune fille au jardin de Mary Cassatt et deux toiles de Marie Bracquemond, dont La Dame en blanc. À elle seule, cette salle rassemble davantage de peintres impressionnistes femmes que le reste du parcours.

4. Salle 34 — Monet peint trente fois la même cathédrale

Entre 1892 et 1894, Claude Monet peint une trentaine de vues de la cathédrale de Rouen. Il s’installe à l’étage d’une boutique de lingerie et de confection, juste en face du portail, et travaille sur plusieurs toiles à la fois dans la même journée, changeant de support à mesure que la lumière change.

Le musée d’Orsay en conserve plusieurs, dont Le Portail, temps gris, exposé dans cette salle. Vue côte à côte, la série documente moins la cathédrale elle-même que la lumière qui glisse dessus, heure après heure.

5. Salle 36 — la salle Van Gogh

La salle est entièrement consacrée à Van Gogh. La Nuit étoilée, peinte à Arles en septembre 1888, montre le Rhône sous un ciel qu’il décrit à sa sœur dans une lettre : « il me semble souvent que la nuit est encore bien plus richement colorée que le jour. » Ne la confondez pas avec l’autre Nuit étoilée, peinte l’année suivante depuis la fenêtre de l’asile de Saint-Rémy-de-Provence et conservée au MoMA, à New York : ce sont deux tableaux différents.

Le Portrait du docteur Paul Gachet date d’Auvers-sur-Oise, en 1890, où Van Gogh s’installe sur les conseils de son frère Théo. Gachet, médecin homéopathe et graveur, était l’ami de Manet, Monet, Renoir et Cézanne. Van Gogh le peint dans une attitude mélancolique ; seule une fleur de digitale, sur la table, apporte une note d’espoir à ce portrait aux tons froids.

Combien de temps

À titre indicatif, salle par salle — comptez environ 1h45 en tout, sans la file d’attente éventuelle :

  • Salle 29 — 20 minutes.
  • Salle 31 — 20 minutes, pour Caillebotte et Degas.
  • Salle 32 — 20 minutes, la salle la plus dense du parcours.
  • Salle 34 — 15 minutes.
  • Salle 36 — 20 minutes pour la salle Van Gogh.
  • Circulation — 10 minutes. Les salles se suivent.

Sources et vérification

Les salles, les dates et les provenances citées ont été vérifiées sur le site du musée d’Orsay.

Les accrochages et les ouvertures de salles peuvent changer. Vérifiez le jour même sur le site du musée d’Orsay avant de suivre un itinéraire.

Écouter le commentaire sur place

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