Milan · Pinacothèque de Brera

Il Bacio : le baiser qui cachait un message politique

Le tableau le plus reproduit d'Italie n'est pas seulement une scène d'amour : c'est un message politique maquillé en costume d'époque, peint par un artiste qui savait exactement ce qu'il risquait à parler plus clairement.

Salles et œuvres vérifiées sur la base de collections du musée

Peindre le Moyen Âge pour parler de son propre siècle

Francesco Hayez peint Il Bacio (Le Baiser) en 1859, dans une Italie encore divisée en plusieurs États sous influence ou domination étrangère, en pleine période de répression des mouvements nationalistes par l'occupant autrichien en Lombardie. Montrer directement des idées d'unité ou d'indépendance italienne relevait alors de la provocation punissable ; Hayez choisit donc de les envelopper dans une scène costumée, un couple qui s'embrasse en vêtements médiévaux, dans l'angle d'un escalier de pierre.

1. Un baiser d'adieu, pas une déclaration

Le jeune homme porte un pied posé sur la première marche, prêt à partir, une jambe déjà tournée vers la sortie — ce n'est pas un baiser de retrouvailles mais un adieu, celui d'un homme qui s'apprête à rejoindre un combat. Dans la pénombre de l'escalier, à gauche, une silhouette encapuchonnée observe la scène sans qu'on sache s'il s'agit d'un allié ou d'une menace. Les couleurs choisies par Hayez — le vert de la robe, le blanc de la doublure, le rouge de la chausse — reprennent discrètement celles du drapeau italien, tricolore alors interdit dans les États sous contrôle autrichien.

Cette lecture patriotique n'a jamais été confirmée par un écrit de Hayez lui-même expliquant son intention exacte, mais elle s'est imposée très tôt dans la réception du tableau et reste aujourd'hui l'interprétation retenue par le musée.

2. Trois baisers, pas un seul

Hayez peint deux autres versions du même sujet après celle de Brera : une en 1861 pour la famille Mylius, où la robe de la jeune femme devient blanche plutôt que bleue, et une troisième en 1867, avec un voile ajouté dans l'escalier, que le peintre gardera auprès de lui jusqu'à sa mort — signe qu'il s'agissait sans doute de la version à laquelle il restait le plus attaché. Seule la version de 1859, la première et la plus connue, est à la Pinacothèque de Brera.

Combien de temps

Un seul tableau, mais cherchez les trois détails qui changent tout : le pied déjà tourné vers la sortie, la silhouette dans l'ombre, et les couleurs du drapeau dissimulées dans les vêtements.

  • Il Bacio — 10 minutes.

Sources et vérification

Vérifié sur les notices officielles de la Pinacothèque de Brera (pinacotecabrera.org) et recoupé avec Wikipédia FR/EN.

Les accrochages et les ouvertures de salles peuvent changer. Vérifiez le jour même sur le site du Pinacothèque de Brera avant de suivre un itinéraire.

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